obombrer


obombrer

obombrer [ ɔbɔ̃bre ] v. tr. <conjug. : 1>
obumbrer v. 1265; rare av. XIX e; lat. obumbrare
Littér. Couvrir d'ombre. Fig. Obscurcir.

obombrer verbe transitif Littéraire. Couvrir quelque chose d'une ombre, cacher.

⇒OBOMBRER, verbe trans.
Vieilli ou littér.
A. —Couvrir d'une ombre. Quelques poils commençaient à obombrer les commissures de ses lèvres (GAUTIER, Fracasse, 1863, p.27). La chapelle existait toujours (...). Les échafaudages de l'Alpinic-Railway ne l'obombraient plus (QUENEAU, Pierrot, 1942, p.216).
En partic. [Le plus souvent dans la lang. mystique] Couvrir (d'une ombre) pour protéger; protéger. Les anges l'obombraient de leurs ailes (Ac.). Des passants noirs, obombrés de parapluies difformes, s'entrecroisaient (VILLIERS DE L'I.-A., Contes cruels, 1883, p.157). L'âme (...) a trouvé la paix et la vertu du Seigneur l'obombre (CLAUDEL, Corona Benignitatis, 1915, p.383):
1. ... tu aurais eu jusqu'au bout un compatissant appui; ma jeunesse aurait obombré ton âge, et mon bras puni le rieur qui aurait levé ton voile.
BOREL, Champavert, 1833, p.232.
B.Au fig.
1. Cacher, recouvrir, dissimuler. Les caricatures de Goya renferment, dit-on, quelques allusions politiques; mais il faut bien les chercher à travers le voile épais qui les obombre (Th. GAUTIER ds Lar. 19e):
2. L'âme, ici-bas, a créé le corps de l'autre côté du voile, dans l'aveuglement et dans la nuit. La matière a été obombrée [it. ds le texte], c'est-à-dire qu'il y a eu entre la source et l'écran interposition d'un dessin (ou d'un dessein), d'un contour, d'une idée particulière ainsi réfléchie, traduite et reproduite, création d'un champ, d'une activité fermée et assujettie à une fin propre.
CLAUDEL, Poète regarde Croix, 1938, p.175.
2. Assombrir, rendre terne, triste. Quittez cette livrée de mélancolie et de misère qui obombre vos avantages naturels et vous inspire une injuste défiance de vous-même (GAUTIER, Fracasse, 1863, p.97). Mon esprit subtilement actif, que n'obombre aucune inquiétude (GIDE, Journal, 1930, p.1012). L'amitié que Mounnezergues avait maintenant pour lui, mais qu'obombraient en ce moment les sournois échos de sa jeunesse (QUENEAU, Pierrot, 1942, p.146).
En emploi part. passé adjectivé. Mais, toujours, elle apparaissait lointaine, minuscule, obombrée, comme exilée de son propre drame (BLOY, Femme pauvre, 1897, p.64).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. 1121-34 fig. «couvrir de son ombre» ici en parlant du Saint-Esprit, (PHILIPPE DE THAON, Bestiaire, 2530 ds T.-L.); 2. ca 1355 veue obumbree «couverte d'une ombre» (GUILLAUME DE DIGULLEVILLE, Pélerinage de l'âme éd. J. J. Stürzinger, 302); 3.1512 «éclipser l'influence de quelqu'un» (JEAN LEMAIRE DE BELGES, Illustr., éd. J. Stecher, I, p.85). Empr. au lat. obumbrare «ombrager, couvrir d'ombre; obscurcir, dissimuler, couvrir». Fréq. abs. littér.:12.

obombrer [ɔbɔ̃bʀe] v. tr.
ÉTYM. 1552; obumbrer, v. 1265; lat. obumbrare, rac. umbra. → 1. Ombre.
1 Vx. Abriter, couvrir; protéger de son ombre. || « Les anges l'obombraient de leurs ailes » (Académie).
2 (Repris XIXe). Littér. Mettre dans l'ombre, couvrir d'ombre. Ombrer.Au p. p. :
1 Ces yeux obombrés par un cercle olivâtre, étaient surmontés de sourcils arqués et fournis.
Balzac, Illusions perdues, Pl., t. IV, p. 721.
Fig. Obscurcir.
2 Mais le plus grand mal qu'il me cause c'est d'occuper et d'obombrer si longtemps ma pensée.
Gide, Journal, 17 mai 1907.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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